Maitre photographe

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Maitre photographe

Edouard Boubat  n’a pas eut la notoriété  que son génie méritait! Mais je le crois très loin de ces considérations publique et parfois très mercantile. Ses photos, son œuvre m’ont touché puis profondément imprégné durant mes études puis  plus discrètement au quotidien.

20 ans plus tard, les enfants du monde sont dans chacun de mes reportages, les même que ceux photographié par mes maitres, seul leurs regards nous emplissent pour toujours  et à jamais, modeste témoignage de notre époque et d’un monde en continuel mutation.   Voici sa vision et ses écrits tellement vrai toujours bien en phase avec notre époque.

Je suis l’enfant qui rêva avec les cartes et les globes terrestres. Je suis le jeune homme qui voulut voir le monde, grâce à une baguette magique :  un appareil photographique ; qui m’ouvrit toutes les portes et m’invitait au voyage.

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Avec mon premier appareil, un Rollei ou l’on voit la vie dans un miroir , vie donc insaisissable. Mais ce qu’on appelle le monde m’intéressait moins que la rencontre avec l’autre , avec le vivant ; et les enfants sont entrés dans la photo de leurs propre mouvement, de leur propre jeu. Je n’ai jamais « fait » vraiment  de photos d’enfants ; ils sont entrés dans le champ ( la profondeur de champ de l’objectif). Je photographiai les nuages, le ciel de Montmartre, des arbres, mais ma première photo est bien « la petite fille aux feuille mortes » que je rencontrais au jardin du Luxembourg après la guerre.

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Je dis bien rencontrer car je n’ai jamais sus organiser, ni enfermer ma quête. je crois que l’imprévu donne plus de force et préserve le mystère. les enfants se posent devant le photographe d’occasions (occasions perdues ou saisies au vol). Ils se posent sans poser et s’envolent comme des oiseaux. Puis tout s’efface et rentre dans l’oubli.

Celui qui à vu l’instant s’efface aussi et le temps reprend son cours. Les petites filles aujourd’hui  sont  des femmes, des madame, l’une devient miss France, l’autre sort d’un roman, d’un tableau, d’un écran de cinéma. Ces enfants sortent d’une carte postale, d’un livre; il disent : « nous ne sommes pas seulement des images « . Nous sommes la vie, nous sommes l’éternel présent. » Les roses de ton jardin sont les mêmes qui émerveillaient le Chaldéen dans son jardin suspendu. L’enfant que tu portes dans tes bras est le même que celui que porta le prophète.

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Et le photographe, lui, fait un peu la magie, il surprend les même gestes, les mêmes regards qui étaient déjà bien  là avant l’image, puisqu’il écrit avec la lumière.

« Ô très paisibles photographes ! « …

Et Rimbaud recevra un appareil à plaques en Abyssinie. L’exercice de la photographie nous révèle aussi nos incapacités et nos limites sévères. Le principal (ici, l’instant) ne procède pas de industries ni de nos calculs. C’est surtout la promesse de l’inattendu, du non-encore vu.

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Personne n’a vécu les cinq prochaines minutes. Personne ne sait encore ce que cette nouvelle journée nous offre.

Il est dit :  » Tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et tu les as révélées aux enfants ». Il est dit « laissez venir à moi les petits enfants car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent » (MATTHIEU, 19,14).

S’il n’est pas donné à l’homme de voir dieu, il peut cependant voir les enfants. Et moi ! Je me vois sur les épaules de mon père, on disait : « les épaulières ». Je revois mon fils sur mes épaules, et aujourd’hui  j’ai pris une photo de mon petit fils sur les épaules de mon fils.

Nous voyons Alice au pays des Merveilles avec les yeux de Lewis Carroll ; un grand joueur de temps. Le messager est en prison avant de commettre son forfait et le temps s’est arrêté par le chapelier fou : il est toujours 5 heures de l’après midi.

le joueur de temps sait qu’il n’y à pas de second instant. Le livre de l’instant est ouvert : les enfants tibétains sont perché sur leurs arbres gigantesque, les enfants des favelas de Bahia dessinent leurs mains sur le tableau noir, les enfants du Caire ramassent les ordures ; les enfants d’Afrique jouent au bord de l’océan. Les enfants de toutes les villes nous donnent un regard neuf. ils portent le soleil, ils portent la lumière, ils portent la photo.

EDOUARD BOUBAT juillet 1991

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Un grand Monsieur écrivait sur un autre grand homme du siècle passé,  le 20 em est passé très vite, ces grand artistes nous ont laissé des témoignages que chacun peut encore admirer et dont nous devons librement nous inspirer. Ce texte introduisait « Mes chers enfants », un livre mémoire que je regarde très souvent avec la même nostalgie plaisir d’artiste simple et pourtant merveilleux, loin des strasse et des grandes idées « génial. »

 

 

Aristophane, rude et profond chef d’œuvre de l’image athénienne, quatre siècles avant J.-C s’est écrié dans les grenouilles: « je suis descendu chercher un poète. « et bien !J’avoue qu’une même inspiration m’a poussé à rejoindre dans le noble bistrot d’en bas, le photographe ailé Edouard Boubat, qui venait de m’être révélé, il y à quarante ans.

Il m’apparaissait qu’Edouard Boubat, son esprit sensible, provoquaient un rayonnement dégageant autant de lumière que de chaleur incarnat une belle notion qu’on pourrait appeler la grâce humaine, ou s’épanouissent, à la ville comme sur le terrain secret du papier, l’allégresse déchirée du dévouement, la générosité, l’invention.

Notre entrevue a confirmé le belle formule d’Edouard Herriot (vive Edourd !): « le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants. »Nous pensons cependant que l’âme du jeu renaitra toujours de ses cendres.

Elle ne cesse de couver chez les tempéraments ardents, ainsi celui de Boubat, qui par la voie la plus abrupte, celle de l’opiniâtreté dans la légèreté, nous confirme que l’attaque peut être une forme radieuse du comportement. Elle apparente chaque client à ce personnage mystique légendaire, aérien, que le poète Armand Robin , en un autre temps, appelait « l’invité des prairies ». Elle ouvre sous ses pas des aventures inspirées et incite à l’imagination. Or, le propre de cette dernière est de ce renouveler. L’art moderne tend à exploiter presque exclusivement la sensibilité sensorielle, d’addition des durées et de transformation par l’esprit. Il s’entend merveilleusement à exciter l’attention et use pour cela de tous les moyens tel , par exemple, d’intensités, contrastes, énigmes ou surprises. Ce que j’appelle « le grand art « ainsi que disait Paul valéry , c’est simplement l’art qui exige que toute les facultés  d’un homme s’y emploient, et que ses œuvres soient telles que toutes les facultés d’un autre soient invoquées et se doivent intéresser à les comprendre…. Edouard Boubat à fait mieux. Mais sa vocation la plus douce, la plus tendre, la plus chaude, le ramène en vérité à Lamartine, Verlaine, Victor Hugo. Ce dernier définissait la mélancolie comme « le bonheur d’être triste ». La nostalgie qui s’exprime au sens littéral du terme le mal du pays, c’est la tristesse par la joie, quand celle ci revêt les couleurs bouleversantes de la rétrospective , une joie déracinée.

Sans aller jusqu’a avancer que dans la nostalgie il y à noce, il nous semble que le bistrot brusquement artistique constitue un lieu privilégié pour l’évocation douce-amère des paradis perdus. Les consommateurs, les complices plutôt , y contractent soudain le superbe nom d’habitués. rien n’est plus pathétique qu’un habité contrarié dans ses habitudes, dont nul n’ignore qu’elles nous tissent une seconde nature. Aux détours de l’existence contemporaine qui tend à séparer les êtres , je sais donc des refuges ou le bonheur d’être ensemble demeure vivace.

C’est ici qu’on peut ouvrir le musé du cœur dessiné par les photographies d’Edouard Boubat. Quand l’émotion existe, cet artiste n’est pas loin, Sa façon de capter les sources profondes qui émanent des circonstances et des visages humains s’y accomplit pleinement. Il vous semblera d’abord que l’opérateur y regarde à deux fois : dans la vocation de son sujet, puis dans le talent qu’il apporte à le cadrer, à le susciter. De ce double regard pourrait naître quelque chose d’apprêté. La spontanéité d’Edouard Boubat fait, au contraire deux pierres, un coup.

Dis moi ce que tu photographie, je te dirais ce que tu es : cette transposition du veil adage nous permet d’affirmer   que dieu doit être assez satisfait quand sa créature devient un créateur. On peut penser qu’il n’a de cesse de l’aider en lui dispensant ces rayons de lumière que les peintres du Quattrocento ont mis des années à appeler sur la toile ou la fresque, à grand renfort de patientes commandes, d’échafaudages et d’ateliers. A ce véritable état de siège Edouard  Boubat substitue l’état de grâce . Chez lui, il n’y à rien que de surpris dans l’émerveillement de l’instant : l’expression « prendre en photo » prend ici tout son sens.

Sachons une fois pour toutes, que le sujet qu’il nous offre transforme moins que le regard d’Edouard.

La passion assez désespéré de fixer tout ce qui s’enfuit est naturelle à l’homme. La photographie, prise en de telle mains, satisfait cette exigence de capter un présent essentiellement mouvant pour le convertir en fragment d’éternité.

Grace à Edouard Boubat, c’est à l’image que l’appétit du public en appel aujourd’hui pour retenir la présence humaine.

A travers ses  appareils, les « grandes voix « qui se sont tues » remontent du silence, les repas de première communion ou chacun pousse la sienne sont coulés à jamais dans le marbre docile de la cire enregistreuse et, en un temps ou les écrits s’envolent facilement dans la sacoche de certains saute ruisseaux diplomatiques, une photo d’Edouard nous reste pour toujours.

 

 

ANTOINE BLONDIN

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